Dix ans après
Tommy, Labinocle, les Grumeaux, Kimmi et Jules regardaient un film de science-fiction à la télé :
-Ah ! disait le scientifique à son associé, va dans la petite cabine, là bas. On va tenter une expérience : je vais t’envoyer dans le futur !
L’associé rentra dans la minuscule pièce, tandis que l’autre appuyait sur un bouton.
-On se revoit dans 70 ans ! Ah Ah Ah Ah !!!!!
- Ouah ! Ca doit être géant d’avoir une machine à voyager dans le "foutur" ! S’exclama Tommy.
Tout le monde approuva, sauf Labinocle :
- Brr !! Ca fait plutôt peur !
- Qu’est ce qui se passe, ici ?
Angélica, la cousine de Tommy, venait d’apparaître. Elle tenait un drôle d’appareil.
- Qu’est ce que c’est ? demandèrent les Grumeaux.
- Un karaoké. Je peux chanter et danser en même temps !
- Ca à l’air marrant. Tu nous le prêtes ?
- Jamais ! A moins que... vous m’obéissiez au doigt et à l’œil !
- Jamais ! hurlèrent les bébés d’une même voix.
- Zuckie !! cria Jules en lui balançant son hochet à la figure.
- Un jour, je te ferais ravaler ton hochet par les trous de nez !
Sur ce, elle s’éloigna et commença à chanter et danser, renversant sur son passage, les briques de jus de fruits qui traînaient par terre.
- Les enfants ? demanda Lucie. Vous voulez des gâteaux ?
Oh non ! Mais qui à fait tout ce désordre ?
- Ce sont eux, tante Lucie.
Elle mit les enfants dans le parc, posa le plateau par terre, et commença à ramasser les débris, tandis
qu’Angélica se goinfrait de cookies dans son dos.
Quand sa tante se retourna, il n’en restait plus un seul.
- Oh ! Hubert a mangé tous les biscuits, mais viens avec moi, il en reste dans la cuisine.
- Vous avez vu ça ? C’est pire qu’injuste ! grommela Tommy. Je vais m’amuser avec son karaoké.
- Tu es fou ? s’exclama Labinocle, tandis que Casse-Bonbon sortait son tournevis pour ouvrir le parc. Couette-Couette va nous tuer !
- Qu’elle essaye !
Il ramassa le jouet, resté par terre, au moment où sa cousine revenait.
Tout se passa en un éclair : les bébés se mirent à courir avec le karaoké, et s’enfermèrent dans le placard du hall d’entrée.
Alphonse et Kimmi retenaient avec peine la porte pendant que les autres réfléchissaient.
- Je sais ! s’exclama Tommy.
Il débrancha les fils de la radio posée à ses pieds et dit :
- Nous allons faire un bond de 10 ans dans le "foutur" ! 5...4...3...2...1 Et c’est parti !!
Autour d’eux, tout devint flou.
La porte du placard s’ouvrit.
Une jeune fille, blonde aux cheveux courts, avec une jupe bleue à pois verts et un débardeur violet lança:
- Je n’en crois pas mes yeux ! A votre âge, vous jouez encore dans ce placard ! Vous êtes bien des ados, tiens !
Tommy sortit du placard :
- C’est bon. On jouait.
Il avait 12 ans et ses cheveux étaient violets, comme son père.
- Où est le CD d’Emica ?
Labinocle sortit à son tour du placard :
- Nous l’avions pris car on voulait apprendre les paroles de sa nouvelle chanson.
Lui aussi avait évolué : ses lunettes carrées étaient devenues rondes, et il avait un appareil dentaire.
- J’ai dit que vous pouviez le regarder, pas jouer avec. Nuance.
Une autre tête, avec des cheveux châtains et hirsutes, apparut : Du haut de ses 12 ans et demi, c’était Alphonse.
- Ouah ! On était un peu à l’étroit !
Sa sœur jumelle, Sophie tomba à ses pieds :
- La prochaine fois qu’on fait la pyramide, préviens-nous quand tu part !
- Oui, renchérit une voix, je me suis écorchée le pantalon.
C’était Kimmi.
- C’est bien beau, tout ça, mais moi je veux mon CD ! Et où est le minus ?
Un jouet sortit en trombe du placard, en même temps qu’une voix cria :
- Attrape !!
- Aïe ! JULES !!
Celui-ci sortit du placard. Il était méconnaissable du haut de ses 11 ans : il avait des cheveux rouges comme sa mère.
- Désolé.
- Allez ! hurla Angélica. Grouillez-vous !
Ils pénétrèrent dans la cuisine où Lucie se demandait comment un chien comme Hubert était devenu obèse.
- Bonjour, les enfants !
- Salut Tante Lucie !
Elle avait considérablement vieilli depuis ses 10 dernières années : ses cheveux n’étaient plus coiffés en trident, mais rabattus avec une mèche blanche. Ses lunettes étaient, - à peu de choses près - les mêmes.
- Oyah !
Tout le monde se retourna :
Jean-Roger avait fait son apparition, vêtu d’une tenue disco, d’un pendentif en or avec un scorpion gravé dessus, des lunettes en demi-lunes teintées vertes.
- Il ne s’arrange pas, lui ! marmonna Angélica.
- Je ne crois pas t’avoir déjà vu porter des vêtements pareils ! dit Jules à son père.
- C’est pour le concours disco !!
- Qu’est ce que je vous disais ! quelqu’un à dû le pousser sur la tête quand il était petit... rétorqua
Angélica.
- Allez, les enfants ! cria Lucie. Au bus !! Le chauffeur n’aime pas attendre !
Ils sortirent. Tandis que ses amis montaient dans le car, et que Lucie donnait ses dernières instructions au chauffeur - qui n’était autre que grand-père Lou, âgé de 90 ans -
Angélica se tourna vers Tommy :
- Je te préviens : Défense de m’adresser la parole dans le car, parce que j’ai dit à mes amis que toi et tes copains vous étiez des voisins sans intérêt.
- Regarde, Samantha : c’est le CD dernier d’Emica.
Angélica tendit la pochette à son amie, qui poussa un petit cri :
- Berk ! Du beurre de cacahuètes !
A l’avant du bus, Tommy et Charles-Edouard étaient hilares :
- Je crois qu’elles ont découvert notre "petit cadeau".
Labinocle se retourna au moment ou Samantha lavait les yeux de son petit miroir.
- Tommy ! Je crois qu’elle m’a vu !
- Qui ? Angélica ?
- Non ! Sa copine !
Tommy regarda au fond du bus :
- C’est Samantha Shane.
Celle ci avait vu que Tommy les observait du coin de l’œil :
- Quel ringard, ce Tommy ! dit elle à Angélica. C’est pas trop dur de porter le même nom que ce crapaud alors que vous ne vous connaissez pas ?
- Tu parles ! fit Angélica avec un demi sourire. Je voudrais changer de nom de famille, mais mes parents ne veulent pas !
- Les parents ! Tu y vas, demain au concert d’Emica ? Tout le monde va s’habiller rétro.
- Je vais mettre mes sandales et j’aurai un collier comme celui d’Emica, répondit
Angélica, en désignant le collier avec un scorpion gravé dessus. J’ai exactement le même collier !
- Cool !
Le bus s’ébranla.
Labinocle prit son sac et tous ses cahiers tombèrent à la renverse. Quand il se releva, il se cogna dans quelqu’un.
- Aïe ! déso...
C’était Samantha. Charles-Edouard sourit. Mais ses lèvres se coincèrent dans son appareil dentaire.
- Ouille ! Tes lèvres.
Elle sortit de son sac à mains un baume et le lui tendit.
- Inutile de me le rendre.
Quelques minutes plus tard, chacun avait rejoint sa classe.
- Comme vous le savez, disait l’institutrice à Tommy, Charles-Edouard, Kimmi, et les Grumeaux, nous travaillons sur un projet scientifique. Tommy, montrez-nous ce que vous avez fait.
- Aucun problème, m’dame !
Il se leva et montra son projet à la classe : un champignon (non comestible !) qui conduit l’électricité.
TOC, TOC !!
C’était Angélica.
- Bonjour madame ! C’est un tableau neuf !
- La flatterie n’a pas marché il y a deux ans et ce n’est pas encore le cas ! Que veux-tu ?
- Il faut absolument que je parle à Tommy. Urgence familiale ! Son chien... le pauvre... il a une crise de gaz...
La classe entière éclata de rire, tandis qu’Alphonse cria :
- Il a une crise de gaz... Ca veut dire qu’il a péter !
- Bon, soupira la prof. Allez-y.
Dans le couloir, Casse-Bonbon dit à sa cousine :
- C’est pas nouveau qu’Hubert fasse des crises de gaz...
Angélica plaqua son cousin contre le mur, puis dit :
- Tommy... Oublie tous ce que je t’ai fait subir ces 11 dernières années. J’ai besoin de ton aide.
- Qu’est ce que je peux faire ?
- Je veux que tu "piques" la médaille de Jean-Roger pour le concert de demain !
- Je ne peux pas lui prendre.
- Ecoute : je l’ai dit à Samantha, qui l’a répété à Ashley et à Brandon, qui a appelé sa cousine en Hollande...
Bref, on parle de moi à l’autre bout de la planète !
Son cousin refusa catégoriquement.
- Tu oublies que nous sommes de la même famille : je me suis toujours pliée en quatre pour toi, TON FRERE ET TES COPAINS DEBILES !!!...
Sa voix devenait presque suppliante.
- Je suis désolé. Mais je ne peux pas.
La cloche sonna et Angélica partit, l’air furieux.
A la cantine, elle s’approcha de son cousin et de Labinocle, Samantha à ses côtés. Quand Charles-Edouard l’aperçut, il se cacha le visage de ses mains puis partit en courant, criant qu’il valait mieux qu’il s’exile sur une île déserte en attendant de lui ôter son appareil dentaire.
Angélica entraîna son cousin à l’écart puis lui dit :
- Ton meilleur copain a un faible pour ma meilleure copine !
- Comment le sais-tu ?
- Je lis des magazines pour ados ! Je peux dire à Samantha les avantages de Charles-Edouard !
- Tu ferais ça pour lui ! C’est quoi l’arnaque ?
- ...En échange du collier...
Tommy regarda sa cousine, puis son meilleur ami et dit :
- D’accord.
Quand Angélica partit, Tommy baissa la tête, honteux.
- Tu devrais pas faire ça ! dit Jules à son frère, tandis qu’ils descendaient du bus. Papa va refuser, c’est sur ! C’est son porte-bonheur !
- Je vais le faire, juste pour une journée. Je suis persuadé que papa ne croit pas aux porte-bonheur.
Ils rentrèrent chez eux.
- Génial que ta femme ne soit pas là ! Tu vas pouvoir danser avec moi parce qu’Olivier s’est fait un tour de rein ! disait Gertrude à Charles.
Jean-Roger avait poussé tous les meubles du salon et répétait son pas de danse, sous
l’œil attentif de son frère Roger-Jean, et de ses voisins Gertrude Deville et Charles Finster.
- Comment fais-tu pour garder le rythme ? lui dit son frère.
- Grâce à trois choses : J’ai une excellente cavalière, un pas de danse très "jazzy" et... ce pendentif : Il m’a été offert par papa quand j’avais 18 ans et il ne m’a jamais quitté !!
- Papa ne croit pas aux porte-bonheur, hein !? fit Jules, ironiquement.
LE SOIR VENU :
Tommy était dans sa chambre lorsque qu’une voix le fit sursauter :
- Ce biscuit, tu comptes le manger ?
C’était jules.
- Bien sur que non ! C’est un biscuit pour chien ! Je vais juste le tailler comme la médaille de papa et l’échanger !
- Mais elle va sentir l’odeur !
- Elle, elle aura la vraie !
- C’est vraiment stupide de faire ça pour une fille !
Jules s’assit sur le lit de son frère. Celui-ci vint près de lui, et agita le médaillon :
- Tes paupières sont lourdes... Tu te sens partir dans un profond sommeil, et, quand tu te réveilleras, tu auras envie de faire toutes les corvées ménagères... et tu te comporteras comme un singe...
A ces mots, Jules tomba raide sur le côté, endormi.
Tommy sortit sans bruit de la chambre et alla dans celle de ses parents, pour échanger le médaillon.
Mais, le lendemain, alors que tout le monde dormait encore, Hubert sentit le biscuit grimpa sur un tabouret, et le mangea.
- Eh ! Tommy, dépêche-toi de manger, Papa et maman ne vont pas tarder à se réveiller et il me reste la poubelle à sortir et la vaisselle.
- Ca a marché !
Jules se retourna à temps pour voir Hubert grimper sur la table :
- Hubert ! Descend de là !
- Je t’ai dit d’effectuer mes corvées, pas de flipper comme la vieille.
- C’est pas ça ! Où est le collier ??
Tommy se retourna d’un bond : le collier avait disparu !
- Où est-il ?
- Ouh-ou-ou !
- Arrête de faire le "singe"
Ils allèrent dans le jardin et trouvèrent le papier d’emballage de la fausse médaille. Jules pensa qu’Hubert l’avait mangé.
- Tommy ? Jules ?
- Tu as des ennuis jusqu’au cou ! Que vas dire Papa ?
Tommy ne dit rien.
- Où est mon collier ?
- Tu as perdu quelque chose ? demanda Roger Jean, son frère, qui venait d’entrer avec sa femme et sa fille.
Jean-Roger ne dit rien. Lucie prit la parole :
-Nous traversons une grave crise familiale.
- A cause d’Hubert ?
- Notre chien a mangé ma médaille ! Tommy allait justement nous dire pourquoi. Allez, fiston, on t'écoute.
Tommy ne dit rien, voyant que tout le monde le regardait, mais son frère prit la parole :
- Nous l’avions prise car on voulait...
- Je voulais la mettre pour le concert de ce soir. (Il baissa la tête). Je suis vraiment désolé, papa.
- Donc, tu as pris la médaille de ton père sans lui demander, et, tu l’as égaré.
- Nous n’avons pas d’autre choix...
- Fiston... Tu es puni.
Les parents sortirent, laissant les trois enfants seuls. Angélica se tourna vers ses cousins :
- On ne peut pas vous faire confiance ! C’est hors de question que je présente Samantha à Labinocle, débrouillez-vous !
Sur ce, elle sortit.
- Lucie, je ne peux pas danser sans mon médaillon, je suis perdu ! Je reste ici avec Tommy !
- Non, Jean-Roger, tu viens, la baby-sitter va arriver.
DRING !
- Génial, elle va sûrement nous demander le double du tarif !
Jean-Roger alla ouvrir la porte et se trouva face à... Suzie.
- Je ne crois pas non plus que je compte le kilométrage !
- Le kilométrage ? Mais tu n’as pas ton permis !
- Je plaisantais !
- Tu ne gardes que Tommy, aujourd’hui.
Dans le jardin, Tommy et ses amis discutaient au bord du bac à sable :
- C’est carrément pas juste que tu sois puni, parce que ça t’est jamais arrivé !
- C’est vrai, rétorqua Charles-Edouard, mais je comprends pas tu l’as pas dit à ton père !
Tommy ne répondit pas.
- Vous vous souvenez, dit Sophie aux autres, quand on s’éclatait ici ?
- Tu parles, lui dit son frère, c’était l’endroit que je préférais, parce qu’il y avait tous pleins d’insectes...
Soudain, quelque chose qui brillait dans le sable attira leur attention : Sophie se pencha et en sortit...
- Le médaillon ! hurla Tommy. Il faut vite le donner à papa et maman !
Ils se ruèrent de l’autre côté de la maison... Trop tard !
- Dis donc, Angélica, tu m’avais pas dit que tu aurais le collier d’Emica ?
Si, bien sur. Ma mère va le nettoyer.
- Alors, Casse-Bonbon, tu viens ?
- Je suis puni et je ne peux pas sortir, c’est impossible.
- Attends, rétorqua Labinocle, tu oublies qu’avec nous rien n’est impossible !
Tommy lui sourit.
- Je viens.
Il descendit l’escalier où ses copains l’attendaient, alla doucement ouvrir la porte - avec un tournevis -, et poussa un cri de surprise :
Suzie se tenait debout devant la porte :
- Je vous connais suffisamment bien pour savoir quand vous aller me fausser compagnie.
Tout le monde baissa les yeux.
- Et... ajouta t-elle avec un sourire, vous pouvez toujours compter sur moi.
- Alors, allons-y !
Dans la file d’attente, Samantha s’impatientait de plus belle :
- T’as jamais eu le collier d’Emica, et d’ailleurs, je suis sûre que t’es jamais allée à Paris, et que Tommy fait bien partie de ta famille !!
- Je suis déjà allée à Paris et je peux tout t’expliquer pour le collier !
Une bande de jeunes à vélos attira son attention. En regardant de plus près, elle aperçut...
- Casse-Bonbon ! murmura t-elle.
Elle se rua vers lui.
- Tu as retrouvé le collier ! Donne-le-moi ! Sinon Samantha va penser que je suis une menteuse !
- Elle le sait déjà !
- S’il te plaît !
Mais son cousin refusa :
- Si Samantha ne peut pas voir que mon meilleur ami est un mec sensas’ sans que personne ne lui dise, alors il n’est pas fait pour elle. Dis-lui la vérité !
- Tommy ! cria Labinocle. Elle... elle arrive !
- Dis-lui la vérité...
- Eh ! , fit Samantha, qu’est ce qu’ils font avec ton collier ?
Angélica soupira, puis regarda son cousin, dont le regard était impassible et qui semblait la défier...
- Ok. Je te dis tout : (elle se tourna vers Tommy) c’est mon cousin. Et ce n’est pas mon collier, mais le sien.
- Ouh ! Il va falloir que je réfléchisse avant de te reparler.
Elle s’éloigna un peu, puis se retourna vers Labinocle :
- On se connaît ?
- Tu m’as donné ton baume, la dernière fois.
- Ah oui ! Les bagues c’est l’horreur !
- Si tu ne lui as pas encore parlé, tu devrais ! Fit Angélica en se tournant vers Labinocle. C’est le mec le plus cool du collège. Samantha Shane, voici le bin... euh... Charles-Edouard. Troisième du nom !
- Tu sais que tu seras super mignon, sans ton appareil ? Suzie rompit le silence :
- Il faut que j’y aille.
Angélica s’interposa :
- Attends ! Tu ne vas pas au concert ?
- Je n’ai pas eu de billets.
Son amie sortit quelque chose de sa poche :
- Tiens. Prends-le.
- Pour de vrai ? C’est quoi l’arnaque ?
- Pas la peine d’en faire tout un fromage, il faut que j’aille donner quelque chose à mon super tonton ! Vous venez, tous les deux ? Jules ! Pas de temps à perdre !
Avec ses deux cousins, elle traversa la grand-route pour se retrouver devant la salle des fêtes.
Ils se ruèrent à l’intérieur.
Jules arracha le collier des mains de son frère et le lança à son père à l’autre bout de la salle :
- Papa !
- Tommy ? Jules ?
Jean-Roger attrapa son porte-bonheur au vol, et se mit autour de son cou. Puis il prit Lucie par un bras et ils commencèrent à danser sous
l’œil amusé de leurs fils et de leur nièce.
Quand il eurent fini, Angélica fit, d’un air méprisant :
- Maintenant qu’ils se sont pris la honte, on pourrait peut-être y aller ?
Ils retournèrent au stade. Couette-Couette regarda le poster géant d’Emica, puis se tourna vers ses cousins :
- Je vous verrai après le concert.
Les deux frères regardèrent les deux billets. Il manquait une place.
- C’est dommage que tu puisses pas y aller.
- C’est le prix à payer pour être gentille.
Tommy s’approcha d’elle et lui murmura :
- Je voulais te dire... Merci.
- Oh, c’est normal, après tout, on est cousins (elle le prit par l’épaule et décrivit un arc de cercle dans le ciel d’encre parsemé d’étoiles) et lié pour l’éternité.
- C’est la chose la plus belle que vous vous êtes dites depuis des années, fit une voix derrière eux.
Les trois enfants firent volte face :
- Grand-père Lou !
- A ton âge (il avait 90 ans), lui dit Jules avec un demi-sourire, tu devrais pas être au lit ?
- Normalement, si. Mais Loulou et moi, on veut être au courant de tout ce que font les jeunes... Mais elle est en Egypte, alors, j’ai une place de trop ! ...
Angélica regarda son grand-père et sourit...
La salle était bondée. Ils se hissèrent au premier rang, avec leurs amis.
Emica leur sourit :
- Ma prochaine chanson est en Anglais. Je vais avoir besoin d’un peu d’aide. Lumière !
Les projecteurs se baladèrent dans la salle :
- Toi, le jeune aux cheveux violets, à côté du mec aux bagues, monte !
Angélica prit son cousin par l’épaule et dit :
- Je suis sa cousine et nous sommes les meilleurs amis du monde...
- Allez, monte aussi !
Ils commencèrent à chanter. Mais Angélica arracha le micro des mains de son cousin. Une dispute éclata.
Soudain, les deux enfants partirent dans le décor.
Tout devint flou.
La porte du placard s’ouvrit à la volée, Couette-Couette en sortit, son karaoké volant par-dessus son épaule.
Quand elle se releva, il était fracassé.
- Il y a des têtes de bébés qui vont tomber !
Elle s’éloigna, furieuse.
- Regardez les choses en face : il ne nous reste que 10 ans à tenir avant qu’elle devienne gentille.
- Juste une question, dit Labinocle : C’est long 10 ans ?...
Julie